Quand Dame Nature se met en branle et fait fleurir et verdir nos jardins et plates-bandes, elle semble souvent oublier un petit détail: donner aux plantes une tige assez forte pour supporter leur propre poids. Quel désastre pour le jardinier: des tiges florales fauchées, des branches pliées, des troncs cassés, etc. Si l’on veut avoir un beau terrain on doit donc apprendre à tuteurer les plantes qui ont besoin de support. Bien tuteurer une plante, cependant, est un véritable art. Il faut que le tuteur soit assez solide pour supporter le poids des feuilles, fleurs et fruits, mais aussi assez discret pour ne pas déparer le jardin. On doit aussi savoir quand placer le tuteur… et quand l’enlever. Tuteurer au bon moment Il est toujours possible de tuteurer une plante qui commence à s’affaisser, mais les résultats sont rarement très esthétiques. Mieux vaut placer le tuteur bien avant que la plante ne s’écrase… et pour cela, il faut savoir quelles plantes sont sujettes à ce problème. Voici des cas typiques: - Arbres nouvellement plantés: le tuteur va non seulement aider le tronc à se tenir droit en attendant que les racines s’ancrent suffisamment dans le sol pour prendre la relève, mais empêchera aussi les racines elles-mêmes d’être dérangées par le mouvement répété du vent, favorisant un enracinement plus solide;
- Fleurs doubles: elles sont toujours plus lourdes que les fleurs normales et plus sujettes à faire plier la tige florale (ex.: pivoines doubles, narcisses doubles, marguerites doubles, etc.);
- Plantes hautes: les vivaces, bisannuelles et annuelles à croissance très haute (1,5 m et plus) ont souvent une tige florale trop mince pour supporter leurs fleurs (ex.: delphiniums, roses trémières, etc.);
- Plantes exposées au vent: même les plantes relativement basses auront tendance à s’incliner lorsque plantées dans un site exposé à de forts vents;
- Plantes chargées de fruits: les pommiers et autres fruitiers peuvent bien supporter le poids de leurs fleurs et feuilles, mais quand vient la saison de la fructification, une branche trop chargée peut se casser;
- Plantes grimpantes: toute plante qui, dans la nature, grimpe ou s’appuye sur ses voisines aura besoin d’un tuteur en culture (c’est le cas des tomates, des clématites, des rosiers grimpants, etc.).
Discret ou voyant? Deux voies s'offrent à vous pour le tutueurage: les supports décoratifs ou les supports discrets. Les tonnelles, pergolas, clôtures et treillis peuvent tous aider à retenir des plantes récalcitrantes et en même temps, ces mêmes plantes aideront à masquer partiellement ces structures souvent un peut trop évidentes. C’est donc le mariage idéal, chacun complétant l’autre! Les supports décoratifs servent surtout pour le tuteurage des plantes naturellement grimpantes ou sarmenteuses. La plupart des autres tuteurs, par contre, se doivent d’être à peine visibles, car c’est l’apport visuel de la plante qui doit dominer. Qui veut, en effet, voir les hautes tiges de fer toutes rouillées qui supportent les arbres, ou la tige de bambou qui retient les fleurs vivaces? Il faut donc placer le tuteur, en autant que possible, du côté où il sera le moins visible. Toute une variété de tuteurs Il existe un tel choix de tuteurs – de fabrication maison ou commerciale – que le jardinier a l’embarras du choix. En voici quelques uns: Support à pivoines: il s’agit d’un cerceau métallique surélevé sur trois tiges de métal qu’on peut se procurer dans les centres-jardin. Il existe des modèles de différentes grandeurs, selon la taille de la plante. Il est important de le placer sur le plant au début de la saison, quand les feuilles et les tiges sont encore petites: la plante croîtra à travers le cerceau qui est surélevé du sol de 30 cm ou plus et, quand ses fleurs deviendront trop pesantes, les tiges ployant sur leur poids viendront s’y appuyer. D’utilisation facile, car il n’y a aucun besoin d’attacher les plantes au support. Idéal pour les pivoines, les pieds-d'alouette et autres fleurs vivaces. Branchages entremêlés: un «tuteur» bon marché et facile à utiliser. Il suffit de placer sur le sol, dès le printemps, autour de plantes susceptibles de tomber, un méli-mélo de branches d’arbres assez fines, pour une hauteur finale de 30 à 40 cm. Les plantes pousseront à travers les branches, les cachant vite de la vue, mais, quand elles se mettront à fleurir, la base de leurs tiges sera solidement maintenue par les branches entremêlées. Convient dans les mêmes circonstances que le support à pivoines et sert aussi dans le potager pour la culture des pois grimpants et des haricots à rames. Tuteur de bambou: on peut aussi utiliser des supports en plastique, en métal ou en bois ou encore, des sections de bois ou de métal qu’on a coupés soi-même. Idéalement, il faut rattacher la plante au support au fur et à mesure de sa croissance plutôt que d’essayer de la redresser en une seule fois. Des attaches seront, de toute évidence, nécessaires. Un bon choix pour les plantes hautes ou à tiges florales pesantes, comme le glaïeul, le delphinium, la tomate, etc. Tige de fer: on peut utiliser aussi un ou des piquets de bois, de métal ou de plastique très solides. On utilise ce type de tuteur pour supporter de jeunes arbres lors de la plantation. Il faut l’enfoncer solidement dans le sol à l’aide d’un marteau. Il faut de plus bien relier l’arbre à son support avec une attache flexible qui ne brisera pas l’écorce. Il est essentiel d’enlever ce tuteur au bout d’un an (ou deux ans, au plus) et aussi l’attache. D’abord, si l’attache reste trop longtemps fixée autour du tronc, elle risque de l’abîmer. De plus, si l’arbre demeure attaché à un tuteur pendant plusieurs années, il ne bougera pas au vent et pourtant, son tronc doit bouger pour bien se lignifier. C’est un peu comme le gratte-ciel très rigide et le gratte-ciel un peu flexible: lors d’un tremblement de terre, le premier s’effondre, mais le deuxième résiste. Ainsi, un arbre au tronc tuteuré depuis ses débuts et donc peu ligneux risque de se casser subitement à tout moment. Le seul cas où l’on doit laisser le tuteur sur un arbre pendant plus de deux ans, c’est lorsque l’on est en présence d’arbres greffés sur tige qui ne seront jamais de toute façon capables de supporter leur propre poids sans tuteur. La cage à tomates: on peut utiliser un modèle commercial, ou bien, s’en fabriquer un à partir de grillage à béton roulé en tube. On l’installe autour du jeune plant de tomate lors de la plantation, la fixant dans le sol avec des piquets ou les pattes du support. Les plants de tomate pousseront d’eux-même à travers la cage s’appuyant sur ses parois. Si jamais une tige ressort de la cage, il s’agit de la repousser à l’intérieur. Excellent pour les tomates, les pois et les haricots grimpants. Le tipi: il s’agit d’attacher ensemble les extrémités de trois branches et d’enfoncer l’autre extrémité de chacune dans le sol pour former une pyramide. C’est une bonne façon de supporter les plantes grimpantes comme la gloire du matin et les haricots à rames. De tels tipis ajoutent une note rustique au jardin ce qui est très à la mode actuellement. Les béquilles: il est facile de se fabriquer des béquilles avec des morceaux de 2” x 2” coupés juste à la bonne hauteur et qu’on glissera sous une branche chargée de fruits. Entourez l’extrémité de la béquille d’un petit morceau de tapis pour éviter tout frottement sur l’écorce de la branche. Les attaches Ce ne sont pas tous les supports qui demandent des attaches mais lorsqu’elles sont nécessaires, il faut les choisir avec soin. Il faut éviter celles qui serrent la tige trop fort, ce qui peut l’endommager, ou, pour la même raison, celles qui ont des bords même légèrement coupants. De plus il faut que l’attache permette à la plante de bouger un peu. On vend sur le marché des attaches entourées de mousse de polystyrène qui sont très utiles, mais pourquoi ne pas économiser quelques sous en utilisant de simples bas de nylon usagés? Ils tiennent solidement tout en offrant un peu de flexibilité et sont donc un excellent choix à toute occasion. Bien tuteurées avec discrétion, vos plantes de jardin seront prêtes à affronter les pires vents tout en offrant une jolie récompense à l’oeil. |